Des souvenirs me reviennent en masse. Comme si, étouffés, ils resurgissaient, à l'aide de simples paroles prononcées, d'un peu de confiance, de recul et de maturité. Je prends conscience du néant d'où je reviens. Du rien qui m'a fait devenir une personne. Quand on est mort à l'intérieur, comment se lever et construire des édifices au sein d'une vie, semblable à une terre hostile, qui nous a été offerte comme pour nous indiquer le chemin d'une relative liberté ? En effet, l'être humain n'est pas fait pour ne pas produire. Bien au contraire, tout est un enjeu de taille au niveau de la création, dans les actes qu'ils génère, dans son machinal et presque naturel besoin de production. Pourtant, aussi étrange que cela puisse paraître, j'ai longtemps été morte à l'intérieur, au sein même de mon existence. Amorphe, sans autre vie que l'attachement métaphysique qui constitue une partie primordiale d'un être humain : son entité corporelle. Perdue, bien plus qu'un enfant qui sort du ventre maternel, j'observais sans comprendre mes semblables qui m'entouraient. Dans une bulle qui me paraissait tout à fait naturelle, et me protège encore à l'heure où j'écris ces quelques phrases. J'avais atteint mon but : j'étais une personne atypique. Pour mieux tout détruire ensuite et poursuivre la redondante fin de mon bien-être.